nyeleni2016 ca6f6c3d5e zEurovia: Cluj-Napoca, le 31 octobre 2016 – La lutte contre l’agriculture industrielle et pour un avenir juste et durable pour les paysans et l’agriculture paysanne a fait un bond en avant cette semaine grâce au plus grand Forum sur la souveraineté alimentaire jamais vu en Europe. [1]

 

Après cinq jours de discussions, les bases pour récupérer et relocaliser nos systèmes alimentaires et multiplier les plateformes et outils de la souveraineté alimentaire ont été posées par les participants, venus d’une quarantaine de pays européens pour participer au 2ème Forum Européen Nyéléni pour la souveraineté alimentaire. Une large diversité d’hommes et de femmes engagés dans différents secteurs du système alimentaire étaient présents, parmi eux des paysans-nes, des travailleurs-euses agricoles, des syndicalistes, des pêcheurs-euses, des chercheurs-euses, des activistes, des bergers-ères, des représentants-tes des peuples autochtones, des organisations de consommateurs-trices et de défense des droits humains.

Le rapprochement des organisations d’Europe de l’Est et d’Asie Centrale avec leurs équivalents d’Europe de l’Ouest constitue l’une des réalisations majeures du Forum.

Ramona Duminicioiu, de l’organisation hôte Eco Ruralis explique, “La plupart des pays d’Europe de l’Est sont comme la Roumanie, ils sont composés d’une population paysanne importante et dynamique, mais également très vulnérable, menacée par l’accaparement des terres et d’investissements fonciers bon marché des marchés financiers mondiaux. Durant cette semaine, nous avons initié une lutte collective dans la région et intensifié la coordination du mouvement pour la souveraineté alimentaire en Europe occidentale. Si le mouvement se renforce en Europe de l’Est et en Asie Centrale, alors il sera plus fort en Europe dans son ensemble.”

 

La rencontre de Cluj-Napoca a donné naissance à l’établissement de plans d’action communs pour l’agriculture et l’alimentation, qui encouragent un modèle agroécologique de l’agriculture.

Jocelyn Parot, secrétaire général du réseau Urgenci déclare "Des millions de consommateurs à travers l’Europe supportent des modèles d’agricultures alternatifs, basés sur l’agroécologie : ils s’unissent aux paysans dans leur lutte pour retrouver le contrôle des chaînes alimentaires. Ils appellent à un changement des politiques publiques, qui devraient protéger leurs initiatives plutôt que des impératifs commerciaux destructeurs”

 

Pour contrecarrer l’exploitation nocive du système alimentaire industriel, une série d’actions clés ont été choisies par le Forum. Elles comprennent des stratégies pour des droits justes et équitables pour les travailleurs ruraux – et pour les travailleurs migrants en particulier, des politiques publiques qui mettent les ressources (y compris la terre, l’eau et les droits fonciers indigènes) dans les mains des autochtones plutôt que dans celles des multinationales, des systèmes de distribution alimentaire qui priorisent une alimentation locale et durable, un soutien à un traité contraignant de l’ONU pour réguler les actes des entreprises au regard des droits humains[2], et un mouvement plus inclusif qui représente également les marginalisés. Au centre de ces actions se trouve l’agroécologie, une approche radicalement locale, inclusive et durable de l’agriculture.[3]

 

Fait inhabituel pour des discussions autour des politiques alimentaires, la guerre et ses effets ont été abordés, notamment par la délégation turque affirmant la nécessité des efforts de paix.[4]

Ali Bulent Erdem de Ciftci-Sen, la confédération des syndicat de petits agriculteurs en Turquie déclare: “La guerre chasse les gens de leurs terres, de leurs maisons, les prive de leurs moyens d’existence. La crise des réfugiés en Turquie comme en Europe est une conséquence de la guerre. Comme défenseurs de la souveraineté alimentaire nous nous battons pour les droits des refugiés et les accueillons dans nos pays. Il est vital que la lutte globale pour la souveraineté alimentaire défende la paix."

 

En opposition au nationalisme croissant sur notre continent, nous unissions nos forces à travers toute l’Europe. Au beau milieu de négociations de traités de libre-échange dévastateurs – à l’image de la récente signature du CETA par l’U.E. et le Canada – qui menacent l’existence-même des paysans, nous nous dressons ensemble, avec la souveraineté alimentaire au centre de notre solidarité.

European Coordination Via Campesina

 

 

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Une sélection des meilleures images de la semaine est disponible ici:
https://www.flickr.com/photos/nyelenieurope/albums/72157674492450151

 

 

 

[1] Plus d’informations et les blogs du Forum ici (en anglais et espagnol): http://nyelenieurope.net/blog
 Qu’est-ce que la souveraineté alimentaire? http://nyelenieurope.net/food-sovereignty
Si le Forum de cette année s’est tenu en Europe le mouvement est global. Le mouvement international Nyéléni est né au Mali en 2009. Il a pour but de soutenir la réappropriation locale et démocratique de notre alimentation – la souveraineté alimentaire. Plus sur l’histoire du mouvement Nyéléni ici : http://nyelenieurope.net/nyeleni-history
http://www.foodsovereignty.org/forum-agroecology-nyeleni-2015/

[2] Ce traité est particulièrement pertinent dans le contexte du pouvoir de l’agrobusiness. La prise de position de Nyéléni Europe pour un traité contraignant des Nations Unies sur les entreprises et les droits humains (en anglais) http://nyelenieurope.net/news/european-states-must-negotiate-actively-and-constructively-towards-bindingtreaty

[3] Qu’est-ce que l’agroécologie? http://www.eurovia.org/fr/theme/agroecologie-environnement/

[4] (en anglais): http://nyelenieurope.net/blog/solidarity-war-and-peasants-rights-solidarity-statements-nyeleni-forum